Qui sait ce que l'histoire retiendra de lui, toujours est-il que la disparition de Michael Jackson aura provoquée une onde de choc planétaire laissant des millions d'admirateurs en deuil. Au-delà de l'artiste d'exception qu'il fut, le spectacle de sa mort aura été l'occasion d'une démesure rarement atteinte et marque l'entrée définitive de notre société dans la vidéosphère chère à Régis Debray.
Toujours est-il que le retour largement médiatisé du King of Pop sur scène s'est transformée en chronique d'une mort annoncée laissant le spectre d'un retour artistique impossible car à bout de souffle depuis fort longtemps.
Michael Jackson 1958-2009 RIP
En guise d'épilogue et pour en finir avec celui qui révolutionna la pop music à défaut de l'avoir inventée, le clip de This Is It (chanson honnête sans plus) réalisé par Spike Lee sous forme d'hommage définitif.
En ce deuxième jour de l'an 2010, l'heure est donc aux bilans, avec du retard certes mais non sans une certaine impatience à vous communiquer mon top 10 de l'année écoulée. Certains choix tiennent de l'évidence puisque présents chez pas mal de nos confrères blogueurs (encore que certains blogs donnent l'impression que l'année musicale a débuté juste à l'automne dernier !) d'autres sont plus surprenants, moins attendus mais non moins pertinents.
Il est toujours difficile de faire des listes, le choix n'est pas simple tant il fait suite à d'interminables compromis, ajouts et autres suppressions. Bref vous l'aurez compris cette liste hautement subjective n'a pas été simple, sans doute est-elle réductrice en oubliant ici et là certains. Elle demeure avant tout l'expression profonde d'un certain rapport à l'émotion artistique ressentie écoute après écoute. Et puis il est parfois nécessaire de faire des choix et d'établir des critères de valeurs si nous voulons échapper au sacro-saint relativisme.
10 - Alicia Keys, The Element of Freedom
Quatrième album pour la reine du r'n'b américain: pas le meilleur mais recélant certaines pépites (Love is My Disease, Empire state building of Mind, Love is Blind) et d'autres plus dispensables comme le single Doesn't Mean Anything. Alicia a passée moins de temps en studio. En résulte certaines répétitions dans les arrangements mais une spontanéité qu'elle semblait avoir perdue qui font d'Element of Freedom une bonne surprise dans la mélasse d'un genre qui semble incapable de se renouveler. De plus la voix d'Alicia fait des miracles en osant l'approche des graves tout aussi soyeux que ses vocalises plus classiques.
S'il ne devait en rester qu'une: Wait to See me Smile 9 - Jeremy Jay, Slow Dance
Auteur-compositeur américain mais dandy inclassable et so british que Bowie ne renierait certainement pas. Sur ce deuxième album Jeremy Jay laissent poser sa voix maniérée, les arrangements sont moins acoustiques que sur le précédent (le non moins excellent A Place Where We Could Go) avec quelques nappes de synthés rappelant nos chères années eighties. Sur les dix pistes de l'album le chanteur nous invite à une danse minimaliste faites de personnages désabusés racontant leur spleen un rien Baudelairien.
S'il ne devait en rester qu'une: Canter Canter
8 - Bill Callahan, Sometimes I Wish We Were An Eagle
Il poursuit sa route tel un "lonesome cow-boy", en étant là où on ne l'attend(ait) plus. Restant pourtant fidèle au précédent Woke on a Whaleheart, l'américain persiste et signe dans l'alternative country, le lo-fi où tout ce qu'on voudra y mette comme étiquette échappant à tout le monde sauf à lui-même. L'héritage des traditions musicales américaines restent importants mais Bill s'en départi avec grâce, mystère qui sied définitivement bien au personnage envoutant qu'il sait être quand sa voix se pose et caresse ses textes nostalgiques.
S'il ne devait en rester qu'une: Faith/Void
7 - Mark Knopfler, Get Lucky
Une bonne surprise que le dernier cru de l'ex guitariste de Dire Straits. Après le décevant Kill to Get Crimson sorti il y a déjà deux ans, Knopfler reprend dès l'ouverture les influences irlandaises qu'il affectionne tant (Border Reiver) et nous propose un voyage éclectique au coeur des musique américaines: classique (Hard Shoulder), blues (You can't Beat The House), mélancolie folk (Before Gas, The Car Was The One), et ballade ultime et intoporelle (So Far From The Clyde). La voix s'est affinée avec l'âge, plus américaine que jamais, un cristal rauque dont l'émotion affleure entre chaque respiration.
S'il ne devait en rester qu'une: So Far From The Clyde
6- Patrick Watson, Wooden Arms
Plus âpre et difficile d'accès que le précédent le dernier Patrick Watson est pourtant une indéniable réussite passée inaperçue chez la plupart des critiques preuve que l'originalité n'est pas l'apanage des plus nombreux. Les cordes impressionnent par la subtilité des arrangements (Hommage, Tracy's Waters), la voix de Watson à la fois douce et sur le fil murmure des mélodies uniques (Beijing) parfois accompagnée comme sur le très beau Big Bird In A Small Cage. Inclassable mais essentiel.
S'il ne devait en rester qu'une: Man Like You
5 - Antony and The Johnsons, The crying light
Premier grand disque de 2009, Antony s'est fait plus discret par la suite bien que sur la route encore aujourd'hui pour présenter ce très beau The crying light, successeur difficile voir impossible d'I'm a Bird Now chez d'oeuvre ultime et indépassable. L'album épouse moins l'évidence mélodique et la puissance émotionnelle du précédent mais n'en demeure pas moins impressionnant. Après avoir convoqué toutes sorte d'amis invités sur I'm a Bird Now, Antony (toujours avec ses Johnsons) se livre plus intime, seul et sans compromis. La voix, le piano et les cordes comme arme émotionnelle. Les points forts: Another World, Her Eyes are Underneath The Ground, Daylight and the Sun, Everglade.
S'il ne devait en rester qu'une: Daylight and the Sun
4- Arctic Monkeys, Humbug
Assurément le disque rock de l'année, amplement chroniqué ici-même et number one sur ma platine. Que dire de plus : à l'heure où beaucoup de groupes s'écrasent lamentablement devant le toujours difficile troisième album, les Arctic Monkeys semblent viser toujours plus haut, sur de leurs moyens (merci Josh Homme pour la prod) et d'une fougue évidente qui fait plaisir à voir. De My Propeller en ouverture à The Jeweller's Hands dernière plage de l'album, le chemin s'annonce rapide mais hautement précieux.
S'il ne devait en rester qu'une: Secret Door
3- Phoenix, Wolfgang Amadeus Phoenix
Quatrième album et coup de maitre ! Une véritable machine à danser, que ce Wolfgang Amadeus Phoenix : une production immaculée, un savoureux équilibre entre tempos lents (atmosphériques dirons certains) et beats ouvertement funky. Ces français ont la classe, ils le savent mais c'est pour une fois totalement justifié. L'Amérique ne s'y est pas trompée et semble enfin prête à leur ouvrir les portes d'un succès qui se veut résolument planétaire. S'il ne devait en rester qu'une: Love Like a Sunset
2- The XX, XX
Révélation de cette fin d'année 2009, le groupe a reçu un excellent accueil critique qui m'a d'abord laissé sceptique devant la méfiance engendrée par trop d'œcuménisme. Il n'en est rien et il faut bien admettre que les membres du groupe savent parfaitement brouiller les pistes devant un disque qui fait figure d'ovni. Abordant un look punk de rockeurs garage, leur musique en est pourtant fort éloignée: sensualité des guitares, beauté d'une boite à rythme, voix d'outre tombe mais fulgurances sexy ici et là, beats minimalistes. Il faut du temps pour rentrer dans ces compositions mais écoute après écoute le charme opère. Affaire à suivre de très près ! S'il ne devait en rester qu'une: Fantasy 1- Bob Dylan, Together Through Life
33° album du maitre, Dylan déboule de nulle part et balance cette perle en avril dernier sans aucune promo, enchainant les concerts et les incompréhensions (aucune chanson interprétée en live du dernier album) d'un public pourtant conquis. Accueil critique positif et album fascinant à plus d'un titre (production vintage, voix éraillée qui semble en appeler à la maladie, ambiance funèbre et mystérieuse) Dylan n'en finit pas de réécrire son mythe, sans doute surpris d'être encore là et de faire l'actualité musicale en 2009. Accents tex-mex et direction musicale d'un Mike Campbell (Tom Petty and The Heartbreakers) en grande forme. Un album qui s'impose en réussite majeure avec un outre la classe qui n'appartient qu'aux grands.
Parce que l'année s'achève, parce que c'est beau et triste à la fois (le beau est-il nécessairement triste d'ailleurs ?), parce que c'est Radiohead. Et plus encore parce qu'il s'agit de la dernière plage de The Bends, l'album qui marqua à jamais la fin de mon enfance et mon entrée dans ce monde délicat et sombre qu'on appelle adolescence.
En réécoutant dernièrement cette chanson il m'est paru terriblement évident du pouvoir cathartique de la musique sur la mémoire et les sens, les odeurs, les sentiments. Le rapport ténu qu'on entretient à une musique est terriblement précieux car l'intimité recouvre des secrets inaltérables qui ne peuvent s'épuiser avec le temps.
Bien au contraire, ils sont toujours présents. Comme des spectres dont on cherche en vain la lumière et l'impossible matérialisation.
En ces temps de fêtes je vous propose cette semaine une petite incursion dans le disco ou plutôt les prémices du genre tel que je l'entends (oubliez Donna Summer et la Giorgio Moroder Team) et tel que l'a construit le célèbre producteur Norman Whitfield quand il officiait chez la non moins célèbre Motown.
Décryptage du style (par l'ouïe, j'attends vos commentaires !) en 10 titres survoltés et invitation à la danse...
N.B. : le petit dernier échappe au genre mais il demeure un monument soul où Marvin effectue des miracles de grâce brisée.
Enjoy and welcome to the Psychedelic Disco !
1- The Temptations, Cloud Nine, album Cloud Nine
2- Gladys Knight and The Pips, Friendship Train
3- The Temptations, Psychedelic Shack, album Psychedelic Shack
4- Edwin Star, War, album War
5- The Temptations, Papa was a Rollin' Stone, album All Directions
6- The Temptations, Masterpiece, album Masterpiece
7- The Jackson 5, Hum Along and Dance, album Get It Together
8- Rose Royce, Car Wash, album Car Wash
9- Rose Royce, I'm going Down, album Car Wash
10- Marvin Gaye, I Heard it Through the Grapevine, album I Heard it Through the Grapevine
« Good Evening Paris », Live Report du 10/12/09 à Paris Bercy
Un Bercy plein à craquer et un McCartney en grande forme font-il un bon concert ? Oui sans aucun doute même si…
Il aurait été préférable d’entendre certaines perles que l’ex Fab Four ne dédaigne plus chanter depuis bien des lustres (vous avec dit Ram ?). Mais reprenons depuis le début et ce bien avant le jour J.McCartney et moi c’est une vieille histoire de passion et de rébellion contre un artiste que j’admire profondément mais dont le propos musical n’est hélas pas toujours à la hauteur.
Après les Beatles et sans son acolyte Lennon l’alchimie ne fut pas toujours au rendez-vous mais au risque de faire acte d’exégèse, les Beatles c’est avant tout McCartney. Ses qualités de compositeurs (ce sens de l’évidence mélodique n’est pas donné à tout le monde), sa voix tantôt douce – Yesterday – et agressive – Helter Skelter – et son jeu simple mais terriblement efficace de bassiste en font un monument musical à part entière.
On ne va pas revenir ici sur l’éternel débat Beatles vs Rolling Stones (bien que je me sente plus proche de ces derniers) tant leur musique n’a finalement rien à voir mais sans Beatles point de Rolling Stones et point de Pop music au sens où le genre s’est développé depuis lors. Et puis de toutes les carrières solo post-Beatles, il faut bien avouer que seul McCartney s’en est sorti honorablement (après le choc Beatles difficile de faire mieux !) et son groupe Wings, bien qu’inégal, nous a quand même gratifié de quelques albums inoubliables (Wild Life, Band on The Run).
Quand un ami m’a dit que McCartney passait à Bercy en décembre, j’ai malgré tout été saisi par l’opportunité de voir sur scène l’auteur-compositeur qui a accompagné toute mon enfance. Un monument encore vivant : il faut bien avouer que le spectacle de la nostalgie marche terriblement bien sur moi. Encore une question de rapport au mythe, mais que voulez-vous on ne se refait pas, en avoir conscience c’est déjà ça comme dirai Souchon ! Une fois les places achetées au prix prohibitif de rigueur mais en avance sur la masse (l’art de faire marcher ses réseaux !) puis un Bercy complet en une petite heure il ne reste plus qu’à patienter jusqu’au jour J. Je passerai sur les détails insignifiants de toute vie individuelle et quotidienne pour arriver aux heures qui précèdent le show. Et puis il est grand temps de parler musique n’est-ce pas ?
Rendez-vous avec Ben sur le parvis de Bercy vers 18h00 et déjà une foule compacte s’amasse devant les portes du palais omnisport. Je dois dire que ma surprise est de taille lorsque qu’apparaît à moi cette file indienne de plusieurs centaines de mètres destinée à la fosse. Nous prenons place. De la Cinémathèque aux portes de la fosse, quelques heures à attendre dans le froid ! Heureusement, dans la bonne humeur des discussions entre inconnus qui accompagnent ce rituel implacable mais terriblement excitant de l’attente before the show.
Après la fouille de rigueur, nous avançonsen courant, cherchant la meilleure place dans ce parterre déjà compact. Un peu en deçà des espérances d’un impossible rapprochement de scène, nous restons en milieu de salle mais en position centrale. Un point positif pour profiter pleinement du spectacle !
Un diaporama plutôt bien foutu (il faut bien avouer que la mise en scène vidéo fut souvent des plus grotesques par la suite) sur les colonnes vidéo latérales de la scène, précède le show accompagné en musique par un Silly Love Songs (qui chauffe la foule) et un hommage déguisé au roi de la pop Say Say Say. Il est 21h00 et le show va pouvoir démarrer. On ne perd pas de temps et on rentre directement dans le répertoire avec un Magical Mystery Tour sautillant enchainé rapidement par un Drive My Car très sixties et respectueux des arrangements d’origines. Je vais revenir sur la clique qui l’accompagne sur scène mais continuons brièvement sur ce début de set list.
Bon allez, après deux Beatles, Sir Paul rentre en plein dans les Wings avec Jet, classique mais efficace (c’est un peu le reproche général, trop efficace et prévisible ?). Communicatif, le chanteur s’adresse à une foule en délire d’un« Bonsoir Paris en France ! Ca va, bonsoir mon petit chou ». Un public composé aussi bien de petits gamins adolescents que du troisième âge. Et oui comme tous les vieux du rock, McCartney est devenu une institution à part entière. Only Mama Knows et Flaming Pie (le dernier bon album qui remonte à 1997 si mes souvenirs sont bons) s’enchainent rapidement.Got To Get You Into My Life de l’album Revolver est la première bonne surprise de la soirée. Let Me Roll It semble un brin poussif dans son interprétation mais la voix de McCartney après un début de chauffe retrouve toute sa justesse, sa chaleur et sa précision. On passera par contre sur les fonds d’écrans censés promouvoir le jeu vidéo The Beatles Rock Band : quitte à faire des images essayons d’être inventif, mais n’est pas Peter Gabriel qui veut en ce qui concerne la mise en scène.
The Long and Winding Road accorde tout le monde sur l’émotion dégagée par une belle interprétation de Paul au piano. My Loveextrait de l’album de WingsRed Rose Symphony, s’érige en parangon de la ballade pop parfaite. Un Blackbird et un Here Today (avec images de John) seule à la guitare acoustique confirme l’excellence du musicien qu’il est. On continue le set acoustique avec un Dance Tonight au banjo, sympathique sans plus. And I Love Her (avec chœur à l’unisson) reste un moment fort pour moi. Peut-être l’une des plus belles ballades des Beatles première manière.
Bon et les musiciens ? La troupe classique depuis le grand retour de McCartney sur les scènes du monde entier en 2001 (Back in the U.S.). Le duo guitare, Rusty Anderson (excellent à la Lead) Brian Ray (polyvalent avec un brin de classe frimeuse mais justifié) fonctionne impeccablement. Paul «Wix» Wickens aux claviers (laborieux, on passera sur les sons de synthés ringards et les effets de cuivres à deux balles) et Abel Laboriel Jr, aux drums (efficace et puissant à défaut d’être subtil mais bon le son Beatles s’en accommode fort bien).
On enchaine avec Mrs Vandebilt (très joueur), la suite Michelle (joué pour l’occasion, France oblige) Eleanor Rigby remplit bien son rôle nostalgique mais non moins magique. On passera sur l’insipide ballade (I Want to) Come Home extraite du prochain film de Robert de Niro histoire de ne pas faire de peine, mais on rigolera bien de cette mise en image (sous forme de bande annonce clipesque) qui accompagne la chanson.
Après ce moment désagréable Band On The Run remet les pendules à l’heure devant l’efficacité de l’interprétation d’une chanson qui passe bien l’épreuve du temps. Ob-La-Di, Ob-La-Da (était-ce vraiment nécessaire ?) et surtout Back In The U.S.S.R. rassure sur l’insolente santé du monsieur et le respect de l’interprétation. Car il faut bien avouer que quitte à visiter un musée autant retrouver l’émotion d’un sentiment original. Un Something revisité tout en acoustique immortalise ce concert avec la classe des grands que personne aujourd’hui ne peut vraiment atteindre. I’ve Got a Feeling fait plaisir à entendre tandis que Give Peace a Chance s’adresse à l’amitié autant qu’au souvenir de John.
La fin du show approche quand les premières notes de Let It Be (juste honnête) s’annoncent au piano, suivi par un grandiloquent (feux d’artifices et effets pyrotechniques) Live and Let Die. Hey Jude conclu le spectacle avant les rappels. La voix de McCartney s’offre pleinement, tout en puissance et brisures sur la coda d’une chanson qui demeure intemporelle.
Rappel 1 : Day Tripper, Lady Madonna (fougueux) et Get Back s’inscrivent en classique et le plaisir d’y être encore.
Rappel 2 : Yesterday (rien à redire), Helter Skelter (démentiel, et dire que cet homme à 67 ans !), Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (reprise)et The End terminent la chose avec classe.
Un concert émouvant, énergique, une set-list bien équilibrée entre Beatles et Solo mais peu de prises de risques. On aurait aimé entendre du Ram, du first Album ou même un peu de Tug Of War. Mais il semble honnête d’avoir effectué un concert dont la durée portée à 2h40 est déjà un exploit en soi. McCartney entretient son propre mythe certes, de manière un peu trop évidente mais avec un plaisir et une énergie non feinte. Le rassemblement prend parfois des airs de moments nostalgiques un peu convenu. Mais en ces temps difficiles il demeure un fabuleux antidote à notre vie quotidienne terne et dépourvu d’idéaux. C’est déjà ça…
Quelques jours avant noël, les Arctics Monkeys nous proposent une expérience live absolument magnifique. Au lieu d'un montage vidéo façon clip ou une banale captation en plan fixe, le groupe transcende les codes établis bien décidé à penser la démarche artistique qui est la leur en pose arty pas désagréable.
Enregistré pour le web en juillet 2009, le décor très minimaliste s'organise autour des musiciens en recréant une atmosphère cabaret (les lustres) mais futuriste (les trois écrans vidéos du fond de scène). Les caméras se font amples et sinueuses captant les musiciens avec précision le tout dans un montage qui sait jouer des échelles temporelles collant au plus près de la matière musicale.
Tout cela est pourtant fort classique s'il n'y avait ce parti pris pour une lumière en demi-teinte cherchant constamment les contrastes (bleu/noir, rouge/noir, jaune/noir) renvoyant les musiciens à des spectres toujours dans l'ombre d'eux-même. La cohérence visuelle atteint un second niveau de lecture: l'absence de spectateurs dans le moment même de la prestation annihile toute tentative d'une mise en perspective visuellement pénétrante ne gardant de l'expérience qu'une trace, une empreinte dont le résultat s'inscrit dans un après virtuel.
Et c'est quoi la set-list? Promotion oblige, il s'agit d'une sélection de quatre titres de Humbug le dernier album (Pretty Visitors, Crying Lightning, Potion Approaching et Secret Door) et une reprisse déchainée d'un titre de Nick Cave and The Bad Seeds (Red Right Hand).
Ils devaient être annoncés courant janvier mais la vénérable institution n'a pas attendu le passage des fêtes pour annoncer le cru 2010. Depuis le 15 décembre nous avons le nom des personnalités qui seront intronisés à New-York le 15 mars 2010.
1) Abba
2) Genesis
3) The Stooges
4) Jimmy Cliff
5) The Hollies
Quant aux autres artistes en lice (KISS, Red Hot Chili Peppers, Donna Summer, LL Cool J, Darlene Love, Laura Nyro et The Chantels) ils devront attendre une nouvelle mise en nomination pour voir leur possible intronisation.
Rappelons brièvement le fonctionnement interne de cette maison dont les critiques au niveau des admirateurs de Heavy Metal et de rock progressif sont légions: un comité de sélection composé d'historiens de la musique choisit des artistes. Par la suite, les choix sont votés par environ 1000 experts : universitaires, journalistes, producteurs et toute autre personne ayant une expérience de l'industrie de la musique. Pour être sélectionné, il faut recueillir au moins 50 % de votes. Chaque année, de cinq à sept sélectionnés sont retenus après avoir passé les étapes de l'éligibilité, de la proposition et du premier tour.
Mon sentiment pour 2010 ? Comme toujours le Rock and Roll Hall of Fame n'est pas à une contradiction près. Si le choix des Stooges et des Hollies n'est pas à contester celui d'ABBA et de Jimmy Cliff est plus problématique. En voulant s'ouvrir à des genres périphériques au rock, on finit par galvauder la définition même de rock.
N'y a t-il pas tout un monde qui sépare un groupe pop vaguement discoïde du rock ? (Je n'ai pourtant rien contre le disco, bien au contraire ! Une playlist spéciale sera bientôt consacrée au genre). Un minimum de cohérence demeure malgré tout souhaitable ! Et que dire d'un chanteur reggae ? Mais notre époque se livre en parangon de l'hybridité comme ultime référant. Quant à Genesis, après plusieurs refus leur présence est pourtant bien méritée quand bien même le jugement négatif qui pèse dans le monde du rock sur...le rock progressif.
Pour plus d'infos vous pouvez aller consulter lesite officiel.
Et en musique c'est mieux:
1- Abba, Dancing Queen, album Arrival
2- Genesis, Back in New York City, album The Lamb Lies Down On Broadway
Alors que la date de sortie de leur très attendu deuxième album approche à grands pas, voilà que les quatre gentils New-yorkais nous dévoile un nouveau titre.
White Sky, troisième extrait de Contra qui sortira le 11 janvier prochain, succède à Horchata et Cousins. Pour écouter ce nouveau titre pop, il vous suffit de vous rendre sur le Myspace de Vampire Weekend.
Et pour l’anecdote, il est à noter que la bande d’Ezra Koenig sera dans le numéro de janvier du Vogue américain aux côtés de sculpturales mannequins et d’autres pointures du rock indé telles que Zach Condon, MGMT, The Horrors, Golden Silvers ou encore Chester French.
On en sait un plus sur la suite des aventures d'Arcade Fire. Il est vrai que depuis la fin de la tournée Neon Bible, les nouvelles se faisaient assez rares. Il y avait bien certains signes d'un retour en studio depuis l'automne dernier mais rien de confirmé par les intéressés.
Et puis alors qu'on croyait 2009 comme un possible retour, les mois passèrent et rien. Ah si le DVD live Mirroir Noir (compilation peu réussi de certaines prestations live d'un band plutôt généreux sur scène) et la musique composée par le duo Butler-Chassagne pour le film The Box de Richard Kelly.
Et la suite ? Si l'on en croit une source récente du Billboard, Arcade Fire sortirai son prochain album en mai 2010. Le groupe devrait également se produire dans certains festivals nord-américains cet été. Selon la BBC, la production du disque est à nouveau signé Markus Dravs. Le producteur qualifierai les nouvelles chansons comme étant les meilleures jamais écrites par le groupe.
Affaire à suivre courant 2010.
En attendant on peut toujours se ressourcer avec les inépuisables Arcade Fire et Neon Bible
Ce blog se veut avant tout un espace dédié à la musique sous toutes ses formes. Le caractère impromptu de la démarche ne doit rien enlever à la réflexion musicale qui prendra forme ici.
N'hésitez pas à laisser vos commentaires, ils permettront d'enrichir le débat (si débat il y a !!!).